11 octobre 2009 23 août 2009 6 septembre 2009 8 novembre 2009A télécharger
Video« Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle. » Jean 3,16
« Va avec la force que tu as, n'est-ce pas moi qui t'envoie ? » Juges 6,14
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Psaume 117 premières lectures :
Ésaïe, 66 / 18b-23 ; épître aux
Hébreux, 12 / 1-17 chants : 606 (Arc-en-ciel) et 45-24 (Alléluia) Chers amis, c’est peu dire que la prophétie qui termine le livre d’Ésaïe est accomplie ! En tout cas sa première partie : « Yavân et les îles lointaines » ont contemplé le Christ vivant, toutes ces contrées « qui n’ont jamais entendu parler de » l’Éternel ! Et de toutes langues et de toutes nations, des hommes et des femmes « viennent se prosterner devant » lui, comme il l’annonçait alors. Mais ce qu’Israël ne pouvait pas savoir, c’est que la « Maison de l’Éternel », sa « montagne sainte, Jérusalem », serait une réalité spirituelle et non plus géopolitique : le Corps de Jésus-Christ ressuscité, et pas la capitale d’un État juif… Mais nous, nous le savons parce que nous en sommes. La plupart d’entre nous n’est pas issue de la race d’Abraham, mais nos ancêtres nomadisaient peut-être quelque part entre les steppes eurasiatiques et les îles de la Baltique lorsque lui descendait en Canaan ! À moins qu’ils ne fussent déjà ligériens… Qu’importe. Et même si la prophétie a encore de l’avenir devant elle, jusqu’à ce que le quart chinois de la planète puisse librement et totalement louer son Seigneur, et même jusqu’à ce que notre pays ne considère plus la religion comme une maladie culturelle ou mentale… Mais dès maintenant et dans le monde entier, publiquement ou secrètement, le nom du Dieu de Jésus-Christ est invoqué. Par son Esprit, il a lui-même accompli ce qu’il annonçait. Est-ce alors parce que nous sommes chrétiens depuis trop longtemps ? Nous sommes souvent fatigués, découragés. C’est vrai qu’il est loin, le temps où la France était « la fille aînée de l’Église » et où l’Occident se couvrait d’un blanc manteau d’églises et de monastères. Il est loin aussi, le temps où « nos Pères et nos martyrs » se levaient au nom du droit des enfants de Dieu à e ntendre librement la parole de leur Père dans les pages de la Bible. Nombre de leurs héritiers d’aujourd’hui ne savent plus quoi faire de ce gros livre. Ils le reçoivent mais ne le lisent pas ; les plus courageux le lisent sans le comprendre. C’est le monde d’aujourd’hui : on veut savoir avant d’avoir cherché, on veut avoir vécu avant d’être adulte, on se lasse d’une relation avant d’avoir vraiment rencontré l’autre. Comment les gens d’aujourd’hui pourraient-ils donc accepter d’attendre et de recevoir, quand tout leur dit de courir et de prendre ?… Comment croiraient-ils qu’ils vont recevoir, quand tout leur montre que c’est toujours à eux de donner ? Notre monde n’est pas ouvert au bonheur ni à la liberté, il n’est pas ouvert à la gratuité d’une rencontre, il n’est pas ouvert à Dieu. Et nous, chrétiens, nous désespérons… C’est, nous dit l’épître aux Hébreux, que nous nous trompons de direction dans laquelle regarder. Nous faisons ce que je viens de faire : nous regardons le monde, c’est-à-dire notre environnement, notre existence… au lieu de regarder à Christ ! Notre regard se transforme en fardeau à cause même de cette erreur de vision, et ce fardeau se transforme en péché : nous ne comptons plus sur Dieu ! Nous sommes chrétiens, mais des chrétiens qui ne savent plus trop en qui nous croyons, qui nous demandons ce qu’il fait, où il est, qui il est… Faut-il nous étonner alors que nous ne convainquions plus personne ? Notre malaise vient ainsi augmenter sa propre cause : comme si le prince de ce monde n’avait pas assez de puissance, nous contribuons par notre faiblesse, par nos hésitations, à ce que nos contemporains ne puissent rencontrer le Seigneur ! Et comme nous le savons bien, nous culpabilisons, et cela nous démobilise, etc., etc. C’était déjà comme ça, donc, lorsque l’épître aux Hébreux fut écrite ! C’est de tout temps que les chrétiens ne sont pas à la hauteur de la tâche. Et pourtant la tâche est accomplie. Mais c’est parce qu’elle est accomplie par le Seigneur et non par ses disciples ! De quoi s’agit-il alors ? L’épître parle d’épreuve, ou de correction. Dans des mots et des images tirés d’une pédagogie qui, disons, n’est plus très à la mode…!, l’auteur nous propose sous diverses formes de tourner à nouveau nos regards vers Jésus. D’abord parce qu’il est le vainqueur, le Seigneur : il est ressuscité, et si nous regardons à lui, si nous mettons notre confiance en celui qui a vaincu la mort, alors plus aucune fragilité ne pourra nous décourager, plus aucune persécution ne pourra nous démobiliser ni nous faire disparaître, plus aucun péché ne nous semblera assez lourd pour nous empêcher de témoigner joyeusement de notre salut ! C’est là une évidence première de la foi – à vrai dire : de toute foi religieuse – c’est que les soldats de Dieu ne peuvent être vaincus ! Mais pour ne pas se tromper de religion, regarder à Jésus, c’est vraiment regarder à lui tel qu’il est et tel qu’il fut, dans toute son humanité, dans ses souffrances, dans ce qui, à vues humaines, reste un échec personnel total. Nous n’avons pas un Dieu qui a gagné des batailles, mais un Dieu qui a porté nos péchés sur la croix d’infamie où il est mort. Et c’est ce regard lucide sur Jésus-Christ qui nous fait réaliser combien sa vie fut la nôtre, et combien notre vie est la sienne à jamais. Dans la défaite et dans la victoire. Puisqu’ainsi notre chemin est le chemin du Christ – ce qui fait notre honneur – nous n’avons plus grand-chose à dire, sinon à le suivre ! Ce qui faisait notre découragement lorsque nos yeux étaient braqués sur le chemin, voilà qui fait maintenant notre espoir et notre persévérance, alors que nos yeux suivent le Christ. Car c’est tout bête : lorsque vous faites de la randonnée, vous ne finirez jamais si vous regardez vos pieds ou l’état du chemin ; c’est le but qu’il faut regarder, même aux moments où vos yeux le perdent de vue. À défaut, il faut suivre celui ou ceux qui marchent devant… Du coup, on peut aussi s’occuper un peu des autres sur le même chemin : ceux qui ont plus de peine à marcher, ceux qui hésitent, ceux qui en sont là où nous en étions nous-mêmes il y a peu… et dont nous aurons peut-être besoin à nouveau dans un quart d’heure !, etc. Ce chemin suppose une marche collective, communautaire, et non point personnelle. Ce chemin est celui de l’Église, et non pas d’une mystique personnelle qui s e satisferait de l’absence des autres et où l’amour de soi remplacerait l’amour mutuel. Chacun de nous doit ainsi veiller – sur ce chemin qui, pour nous aujourd’hui, s’appelle l’Église réformée de Saumur – chacun doit « veiller à ce que personne ne se prive de la grâce de Dieu . » Pour moi et par-delà tout ce que je viens de vous montrer, c’est cette phrase qui est la plus importante de cet extrait, c’est elle qui en éclaire le sens profond. Elle résonne avec ma traduction du petit psaume 117 : « sa grâce prévaut sur nous . » Qu’est-ce que la grâce de Dieu ? C’est ce qui, pour nous croyants, prévaut sur tout le reste dans notre vie. C’est ce qui, dans le concret de notre existence devant Dieu, se hisse au-dessus de nos joies et de nos peines, de nos réussites et de nos échecs, de nos engagements et de nos solitudes, de nos questions et de nos réponses. Elle est le cadeau de Dieu – bien sûr, la grâce est gratuite ! Elle est le cadeau de Dieu dont j’ai besoin pour vivre, elle est la bonne parole de Dieu qui agit dans et sur ma vie, qui en change et la nature et les détails. La grâce de Dieu me donne une autre identité que celle que m’ont donnée depuis ma naissance la nature et la culture : par elle, je suis fils de Dieu. Et je vous préviens : vous pouvez garder vos plats de lentilles !… Car, c’est vrai, pour un plat de lentilles, pour un roux, dit la Bible, Ésaü – Édom le rouquin – se priva de ce cadeau qu’il croyait extérieur et de peu de valeur, alors qu’il était partie constitutive de son être. Ésaü renonça à sa filialité, à sa fraternité. Rejeté, il se mit à engendrer la peur. Frères et sœurs, beaucoup de gens autour de nous ont abandonné non pas le Dieu de leurs pères, mais leur Dieu et Père, pour satisfaire des besoins réputés plus urgents, pour des priorités plus rentables. Ils sont morts. Je sais que cette parole est dure. Mais je sais aussi qu’en Christ, la mort n’a pas le dernier mot. « Moi, je suis la résurrection et la vie, dit Jésus. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort. Et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Ainsi parlait le Maître à Marthe près du tombeau de Lazare (Jean 11 / 25-26) Et Marthe a répondu. Une chose est la mort des autres, même des nôtres. Une autre chose est de se savoir vivant pour l’éternité. C’est un privilège auquel aucune mort, serait-ce celle des nôtres, serait-ce la nôtre même, ne saurait nous faire renoncer. Oui, la grâce de Dieu agit, c’est la bonne nouvelle qu’avec le psaume 117, qui résume tout en peu de mots, je voulais vous rappeler ce matin. La grâce de Dieu pour nous, la vie de Dieu en nous, l’action de l’Esprit saint dans notre vie : dites-le avec les mots qui vous conviennent !… Mais la réalité est là, fortement affirmée dans ce petit psaume, annoncée par le prophète et démontrée par l’épître : ça change la vie que d’être chrétien et d’en tirer les conséquences. Ça change la vie non pas parce que nous devenons bons, mais parce que Dieu agit dans nos bontés comme dans nos méchancetés, dans nos bonnes volontés comme dans nos refus ou nos inerties. Dieu agit, et, dit le psaume, c’est solide. Oh, le mot « solide » ne figure certes pas dans nos traductions, c’est le mot « vérité » ou bien « fidélité ». Mais c’est la même idée, celle que le mot « amen » exprime encore dans nos prières : la certitude que ça ne lâchera pas parce que c’est Dieu qui tient ! Alors, aujourd’hui, dans nos vies concrètes de chrétiens un peu tièdes ou peut-être complètement enflammés, dans la réalité de notre toute petite Église et dans la réalité de sa mission, de son témoignage chrétien au cœur de notre région, nous ne pouvons plus baisser les bras, que ce soit pour des causes externes ou bien liées à nous. Les yeux fixés sur Jésus, Jésus qui est passé par les mêmes chemins que nous, et même pire ; Jésus qui a vaincu la mort. Dans la certitude que ce « premier de cordée » sait où il nous mène lorsque tout nous est obscur : le but, la stratégie, les moyens, tout… Il nous faut avancer sans perdre aucun frère, aucune sœur, sur le chemin. C’est notre responsabilité. Faire du sur-place sous prétexte de ne perdre personne n’a aucun intérêt pour des marcheurs : on n’arrête pas le temps, on n’empêche pas la terre de tourner, on n’empêche pas l’Évangile d’évangéliser. Si nous ne servons pas, Dieu se servira d’autres que nous, d’autres gens, d’autres Églises. Et en mangeant nos lentilles, nous mesurerons notre méprise… Mais non. Vous qui venez de toutes les nations, si vous êtes ici c’est que Dieu vous a choisis : ne le faites pas menteur, ne prétendez pas qu’il s’est trompé. Vous êtes ses fils et ses filles. Sur vous sa grâce a pris le pas sur tout le reste, et ça tiendra toujours. Vous n’avez pas d’autre solution que de marcher, de vous aimer les uns les autres, d’annoncer l’Évangile à ceux qui ne le connaissent pas. Ne résistez pas à la grâce pour des raisons d’âge, de santé, d’éducation, d’emploi du temps, ou je ne sais quoi d’autre – ces raisons seraient valables si vous étiez du monde, mais vous avez été adoptés par le Seigneur de gloire, vous êtes libres de ces choses-là. Marchez dans la joie, afin que le monde autour de vous connaisse la seule vraie joie, celle qu’on découvre en Christ. Amen. Saumur - David Mitrani - 22 août 2010
27 juin 201022 août 2010 . . .
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